Gilbert Bodart : un braquage pour éponger ses dettes
Gilbert Bodart a passé une seconde nuit à la prison de Dinant. L'ancien gardien de but a avoué sa complicité dans le braquage survenu le 17 août au domaine des Grottes de Han. Il est inculpé d'avoir "comme coauteur, frauduleusement soustrait avec violence ou menace du numéraire au préjudice de la société des Grottes de Han, avec la circonstance que les faits ont été commis par une ou deux personnes et qu'une arme a été montrée". Un second suspect, interpellé vendredi matin, était toujours en cours d'audition dans l'après-midi. Bodart quant à lui comparaîtra mardi devant la chambre du conseil de Dinant pour une éventuelle confirmation de son mandat d'arrêt. Bodart travaillait depuis le 16 juillet au sein de la cellule marketing. Pour rappel, un individu coiffé d'une perruque et d'une casquette, portant des lunettes, s'était introduit par une fenêtre à l'arrière du bâtiment, alors fermé au public. Muni d'une arme de poing, il avait obligé le directeur du domaine et une employée à lui remettre le contenu de la caisse, une somme "appréciable" selon le Parquet. Les enquêteurs ont rapidement privilégié la piste d'une complicité interne. "Trois éléments nous ont intrigués: la fenêtre habituellement fermée qui était ouverte, l'auteur savait que le préjudice se trouvait dans des enveloppes et il connaissait le prénom de l'employée présente aux côtés du directeur", a précisé le Procureur du Roi de Dinant, Bernard Appart. Employé depuis un mois aux Grottes de Han, Bodart a très vite fait office de suspect principal. L'affaire a été mise à l'instruction lundi après-midi, ce qui a permis de placer sa ligne téléphonique sur écoute. Une conversation codée en langage footballistique a finalement mis la puce à l'oreille des enquêteurs. Interpellé mercredi soir à son domicile de Flémalle en compagnie de son épouse qui ne sera plus inquiétée par la suite, Gilbert Bodart a été entendu dans la nuit de mercredi à jeudi par les enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Dinant. Il a fini par avouer avoir fourni des informations en contrepartie d'une part du butin.
Pourquoi ce braquage ? L’ancienne gloire du football belge explique qu'il avait la volonté de recommencer une nouvelle vie mais que, acculé de dettes suite à des placements qui ont échoué, il a dû emprunter des fonds à des usuriers.