" Touche pas à mon pote " Christian Clavier...

Publié le par Bagnères de Bigorre

" Je suis en charge de la protection des Français, et de leurs biens, à ce titre, je suis en charge de choisir la personne qu'il faut, à l'endroit où il faut et au moment où il faut. C'est simplement ce qu'il s'est passé ", a déclaré Mme Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, en revendiquant l'initiative de la mutation-sanction du patron des forces de sécurité en Corse.
Interrogée sur l'éventuelle intervention de Nicolas Sarkozy, ami de Christian Clavier, dans la sanction infligée à M. Rossi, la ministre a répondu : "arrêtez de faire du cinéma".
En revanche, le socialiste Julien Dray a estimé cette mutation-sanction tenait du "fait du prince", de la part d'un président qui considère "que dès qu'on s'en prend à ses amis, tout est permis".
C'est "le devoir du prince", a rétorqué Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP.
Cette décision "me choque", a déclaré M. Dray, porte-parole du PS, sur LCI. "On ne déstabilise pas les forces de police, le travail des services de renseignement comme ça, pour le bon vouloir du président de la République parce qu'un de ses amis ou un de ses copains a vu sa propriété envahie", a-t-il ajouté.
"Qu'il y ait eu réprobation, rappel à l'ordre, on aurait pu comprendre mais que du jour au lendemain, sur un coup de téléphone, on vire un responsable de la police de haut niveau, c'est une des premières fois que je vois cela dans l'institution policière et je pense que c'est très grave", a insisté le député de l'Essonne.
Les éditorialistes de la presse française ont condamné unanimement la mutation-sanction de Dominique Rossi.
"Le patron des policiers et gendarmes de Corse a été viré sur le champ, muté à Paris, pour n'avoir pas su empêcher les manifestants corses d'importuner le copain (de Sarkozy) et donc, indirectement (le président) lui-même. On reste pantois, devant un tel enfantillage", s'étonne Michel Lépinay dans Paris-Normandie.
"Et si Dominique Rossi, le superflic qui avait permis une baisse spectaculaire des attentats et démantelé une importante cellule de terroristes depuis son arrivée en Corse, payait tout simplement l'amitié très démonstrative que Nicolas Sarkozy témoigne à Christian Clavier?" s'interroge aussi Jacques Guyon dans La Charente libre.
Pierre Fréhel (Le Républicain Lorrain) livre son analyse de l'épisode : "Curieuse conception de la démocratie et de l'équilibre des pouvoirs. Quels que soient les faits qui lui sont reprochés, la mutation du policier fait songer à la destitution de PPDA, coupable d'avoir déplu au chef de l'État".
"C'est " Touche pas à mon pote ", mais revu et corrigé façon Neuilly-sur-Seine, avec victime multimillionnaire et sauveur élyséen", ironise Francis Brochet dans Le Progrès.

photo : Michèle Alliot-Marie visite la caserne de CRS d'Aspretto (Corse) avec Dominique Rossi, le 15 septembre 2007



Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article