Chevenement : « Même mort, je reviens… »

Publié le par Bagnères de Bigorre

«ETIAM mortuus redeo… » : « Même mort, je reviens… » Jean-Pierre Chevènement le dit avec érudition mais conviction : à 69 ans, l’heure de la retraite n’a pas sonné. Pour la première fois dans sa (très) longue carrière, l’ancien ministre de François Mitterrand est candidat aux élections sénatoriales du 21 septembre dans le Territoire de Belfort.

Le pari est risqué : outre son adversaire UMP, Chevènement doit une nouvelle fois affronter la concurrence à gauche. Un nouveau revers porterait un coup fatal au président du Mouvement républicain et citoyen (MRC) qui tient ce week-end son université d’été justement à Belfort. « JPC » fait la tournée des popotes auprès des 371 grands électeurs du département. Ce soir, c’est le Che qui régale. Dans la petite salle d’honneur de Montreux-Château, neuf chaises… mais seulement trois grands électeurs, maire ou adjoints. « Franchement, après ses échecs, on ne pensait pas qu’il reviendrait… », avoue un peu étonné Philippe, élu du village.

Battu aux législatives de 2002 et 2007 par la droite, Chevènement effectue un come-back. Alors, pour séduire ces élus de base, pas question de se lancer dans de grandes envolées. Flanqué de son suppléant Christian Rayot, « un gaulliste de gauche », Chevènement mène depuis juillet une campagne « à ras du sol » et promet d’activer « ses réseaux ». « Le Territoire a besoin d’un défenseur écouté : avant d’y porter un mauvais coup, avec moi, on y réfléchira à deux fois », assure-t-il. Le maintien du tribunal ? « C’est moi. » L’arrivée du TGV ? « C’est moi… » L’université : « C’est encore moi ! » « Je gagnerai sur le travail effectué ici depuis trente ans », souligne JPC, qui promet de défendre encore et toujours « ses convictions républicaines ».

Humour caustique

Arrivé à Bavilliers, près de Belfort, pour une deuxième réunion de campagne, Chevènement apprécie moyennement le drapeau tibétain qui flotte sur l’hôtel de ville : « Doit y avoir des Verts… Faut pas les contrarier », fait-il remarquer avec son humour caustique. Son bilan et son équation personnelle suffiront-ils ? Pas sûr. A gauche, la bataille fait rage. Le sénateur sortant, le socialiste dissident Michel Dreyfus-Schmidt, vise sa propre succession. Mais surtout, le Che doit affronter son ennemi juré Yves Ackermann, officiellement investi par le Parti socialiste et sourd aux appels au calme de la rue de Solferino, le siège du parti, pour épargner Chevènement. « Déjà que Royal l’a remis en selle en en faisant son conseiller pendant la présidentielle… Le Sénat, ce n’est pas la maison de retraite ! » tacle le président du conseil général, qui rêve de tourner la page. Pour le Lion de Belfort, c’est désormais à quitte ou double.






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