" Pierrot le fou " jugé en appel pour 3 meurtres atroces

Publié le par Bagnères de Bigorre

Pierre Bodein, accusé de trois meurtres atroces en 2004 sur une jeune femme, une adolescente et une fillette, va tenter une fois encore de convaincre les jurés de son innocence, lors de son procès en appel qui s'est ouvert aujourd'hui aux assises du Haut-Rhin.
Les parents des victimes et leurs avocats espéraient pour leur part que les jurés ne se laissent pas prendre à "la comédie de l'innocence" jouée en première instance à Strasbourg par le multirécidiviste.
Contrairement au procès devant les assises du Bas-Rhin, l'ancien maçon-coffreur s'est borné à répondre avec déférence aux rituelles questions sur son identité, sans chercher à clamer d'emblée son innocence.

En liberté conditionnelle depuis trois mois, Bodein avait été rapidement interpellé, confondu par des témoignages et des empreintes génétiques des victimes retrouvées dans sa voiture et sur des couteaux lui appartenant.
A Colmar, "Pierrot le fou" comparaît seul après l'acquittement en première instance de ses 18 coaccusés, dont des mineurs, poursuivis dans l'affaire Jeanne-Marie.

Aujourd'hui, il est apparu très attentif, secouant la tête à l'énoncé de faits le desservant et glissant de temps à autres à son avocat des documents extraits de son classeur. "Pierre Bodein a l'air particulièrement réactif mais comme d'habitude, c'est de façon désordonnée et décousue", a commenté en marge de l'audience son défenseur, Me Renaud Bettcher. "C'est quelqu'un qui ne peut pas se freiner mais je lui ai demandé d'avoir une attitude décente", a-t-il souligné.

Ce procès sera celui "de l'ADN", a-t-il encore prédit, avant d'ironiser sur un dossier "tellement +simple+ qu'il fait plus de 22.000 pages".

Pierre Bodein va "rejouer la comédie de l'innocence" et "essayer de tromper ses juges (...) mais je fais confiance aux jurés pour qu'ils le sanctionnent avec la vigueur qui convient", a martelé l'avocat des proches de Julie, Me Thierry Moser. Me Arnaud Friederich, conseil de la famille d'Hedwige, a fustigé un Bodein "obséquieux, content de revenir sur le devant de la scène" sans même un seul "regard pour les victimes".
Si la famille de Jeanne-Marie ainsi que leur avocat étaient absents en ce premier jour d'audience, les proches d'Hedwige et de Julie étaient présents. "On est là pour Julie mais on subit comme on l'a fait en 2007", a sobrement indiqué la mère de la jeune fille, Françoise Scharsch, qui milite avec la Fondation Julie pour le durcissement des textes envers les criminels qui présentent de "forts risques de récidive".

Le verdict est attendu à partir du 2 octobre.

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