Renault taille les effectifs : la CGT appelle à la grève en France

Publié le par Bagnères de Bigorre

Renault a annoncé mardi son plan de retour à la compétitivité, qui prévoit la suppression de plusieurs milliers d'emplois. Dans le détail, le plan prévoit 4.000 départs volontaires en France (à Batilly, à Maubeuge, à Ruitz, à Douvrin, à Boulogne-Billancourt et à Noisy-le-Grand), dont 1.000 pour la seule usine de Sandouville, en Seine-Maritime. Victime du marasme qui affecte la plupart des constructeurs en Europe, le groupe Renault, qui place tous ses espoirs commerciaux sur un nouveau modèle de Mégane présenté mardi, s'apprête ainsi à supprimer d'ici avril 2009 10 % des effectifs de sa maison-mère Renault (41.000 salariés en France).

"Sur trois ans, depuis 2005, 10.000 salariés auront perdu leur emploi chez Renault. C'est comme si Renault avait fermé l'équivalent de deux usines", a calculé Fabien Gâche, délégué syndical central CGT, le premier syndicat du groupe, qui a appelé à une grève dans tout le groupe en France ce jeudi. Selon lui, ces suppressions d'effectifs "ne sont pas justifiées", et "représentent "l'échec de Carlos Ghosn". Le président de Renault "avait promis monts et merveilles, qu'il parviendrait quoi qu'il arrive à un niveau très important de rentabilité et de marge opérationnelle, donc c'est un échec pour lui".

La CGT, syndicat majoritaire chez Renault, a appelé hier les salariés à se mettre en grève demain sur tout le territoire. Le groupe a en effet présenté, hier, son plan d'économies qui comprend 3 000 suppressions d'emplois administratifs et 1 000 autres à l'usine de Sandouville (Seine-Maritime), sur 63 000 dans l'Hexagone. Pour Fabien Gâche, délégué CGT, cette décision révèle « l'échec de Carlos Ghosn », qui s'était engagé à arriver « à un niveau très important de rentabilité et de marge opérationnelle ». Il rappelle que 10 000 salariés ont perdu leur emploi chez Renault depuis 2005. Quant à la CFDT, elle a déploré, hier, que les salariés doivent supporter les « erreurs stratégiques » de l'entreprise et souhaité que chaque personne quittant Renault « ait une solution pour l'emploi ».
2.000 départs supplémentaires envisagés en Europe

Et de déplorer : "Aujourd'hui, c'est la marge financière qui détermine le niveau d'activité dans les établissements. Il faut revenir à des choses beaucoup plus saines." Le 24 juillet, lors de l'annonce du plan, Renault avait aussi dévoilé une marge opérationnelle en progression de 19,8 % sur le premier semestre 2008, par rapport à 2007, et une progression de son chiffre d'affaires de 2,3 %, mais des prévisions commerciales sombres. "En 2005, nous étions 44.143 salariés chez Renault, et nous avons vendu 2.533.428 véhicules dans le monde ; en 2009, Carlos Ghosn veut qu'on en vende 3 millions avec 35.000 salariés !", a-t-il résumé.

Une autre annonce portant sur "2.000 départs volontaires supplémentaires en Europe, dans un certain nombre de filiales" devrait être également faite le 18 septembre, "lors d'un comité restreint du comité de groupe Renault", a confirmé mardi une porte-parole de Renault, sans préciser les sites touchés. Elle porterait sur "1.100 départs pour les filiales de Renault en Europe, et 900 en France (...) S'il n'y pas assez de volontaires, on s'arrangera autrement mais il n'est pas question de licencier des gens", a-t-elle ajouté. "En France, on produit plus d'un million de véhicules par an, alors qu'on en vend 650.000, donc notre production est déséquilibrée par rapport au marché."

Au total, le plan devrait permettre au constructeur automobile d'économiser 350 millions d'euros dès 2009 et 500 millions en année pleine. "Aujourd'hui, c'est l'inquiétude qui domine chez les salariés devant la surcharge de travail immédiate et les forts moments de stress à venir, ainsi que l'arrêt de certains projets", dit un syndicaliste CGT.





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