Benoît XVI : la bataille des listes d'invités
Ils sont académiciens, plasticiens, comédiens, chercheurs, médecins, psychanalystes. Vendredi 12 septembre, dans l'après-midi, ils se presseront dans la nef du collège des Bernardins pour entendre le discours du Pape sur la culture et la foi. Sous les élégantes croisées d'ogives, on devrait reconnaître les Badinter, Max Gallo ou Frédéric Mitterrand ; Yan Moix et Jonathan Littell ; Élisabeth Roudinesco ou Anne Roumanoff ; Régis Debray et Olivier Py...
Très diverse, la liste des 600 invités du cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois et des évêques se veut le reflet de la France qui crée et qui pense, une élite réunie au-delà des barrières religieuses et spirituelles.
Face à ce souci d'ouverture et de diversité de l'épiscopat français, le pouvoir temporel se montre sous un jour moins séculier. L'Élysée, où Benoît XVI se sera rendu le matin à sa descente d'avion, a prévu, à travers sa propre liste d'invités, de faire rencontrer au souverain pontife... la France catholique qui compte. "La majorité de nos invités sont des catholiques, membres actifs d'associations, intellectuels, décideurs", confie un conseiller de Nicolas Sarkozy. Alors qu'André Vingt-Trois tend la main au monde de la culture, Nicolas Sarkozy poursuit, lui, son entreprise de séduction du catholicisme. C'est le monde - ou plutôt le ciel - à l'envers !
Enfin, il faudra observer avec attention combien d'évêques français seront présents dans les salons de l'Élysée, pour évaluer l'état des relations entre le président de la République et l'épiscopat. Des relations qui n'ont jamais été très chaleureuses.