Un billet de concert en libre-service
La Fnac contre-attaque. L'enseigne culturelle met en place le "Tick & Go", le premier billet en libre-service. Comme pour un CD, le spectateur prendra en rayon une carte à l'image de sa manifestation (festival, salon, parc de loisirs). Le code-barres sera activé au passage en caisse. Il sera disponible à partir du 15 septembre dans les 10 000 bureaux de tabac affiliés au système de caisse enregistreuse d'Altadis.
Pour le leader français de la billetterie de spectacle, cette innovation vient répondre aux menaces des nouvelles billetteries sur Internet. Il ajoute, au passage, un nouveau dispositif dans un paysage en plein bouleversement. Jusqu'au mois de janvier 2007, acheter un billet de concert était simple. On passait dans un de ses "points de vente habituels", on payait ses billets et l'on se rendait dans la salle de spectacle. Internet avait simplement permis de réserver et de payer sa place en amont, et comme avec le téléphone, de la faire envoyer à domicile.
La loi de décembre 2006 autorisant la dématérialisation de la billetterie spectacle fit apparaître le "e-ticket", ou ticket électronique. Commandé et payé sur Internet, il s'imprime à domicile sur une feuille blanche. On peut aussi le commander, le payer et le recevoir via l'Internet de son téléphone portable. Il devient alors "m-ticket" (m pour mobile). Ces technologies s'accompagnent d'un service offert aux clients comme l'alerte par SMS en cas d'annulation, d'embouteillage près des stades, de mise en vente de places supplémentaires...
Créée en 2004, la société Digitick, pionnière dans le domaine, est devenue en trois ans un acteur important du secteur. Soutenue par SFR développement, le Crédit mutuel et Partech International, elle s'est implantée dans le secteur des musiques actuelles. Elle a conclu un accord-cadre avec la Fédurock, soit quatre-vingt-dix petites salles en France à la clientèle très jeune. Selon son directeur, Boris Degerine, Digitick, qui emploie 50 personnes, représenterait aujourd'hui 10 % du marché, en proposant quelque 10 000 manifestations en "e-ticket" ou "m-ticket".
Avec 60 000 événements à son catalogue, son réseau de magasins, d'hypermarchés associés (Carrefour, Casino, Intermarché...) et son site Internet, la Fnac conserve 60 % du marché de la billetterie déléguée. Mais elle prend très au sérieux cette concurrence même si, précise Bertrand Gstalder, directeur du pôle spectacle de la Fnac, "le volume total des ventes de Digitick équivaut à l'augmentation des ventes annuelles de la Fnac".
Partie avec quelques mois de retard (le premier "e-ticket" Fnac date de mars 2007), la Fnac ne proposera de "m-ticket" qu'à partir du mois de septembre. D'ici là, elle compte bien imposer son "Tick & Go". D'autant que Digitick développe une billetterie physique et pourrait installer 800 bornes d'impression dans des bureaux de tabac. La bataille ne fait que commencer. (Odile de Plas)