Jugnot et Cornillac ont présenté « Faubourg 36 » à Toulouse

Publié le par Bagnères de Bigorre

Quatre ans après son triomphe surprise, Christophe Barratier a tenu à faire son tour de France promotionnel en nombreuse compagnie, avec à ses côtés Gérard Jugnot, Clovis Cornillac, Nora Arnezeder (une jolie révélation) et Reinhardt Wagner (le compositeur de la musique). Film de bande, exaltant l'esprit de groupe et la force de l'amitié, « Faubourg 36 » ne pouvait pas être défendu par un seul homme, fut-il le réalisateur des « Choristes ». Et sans s'accorder une minute de répit. Hier, la joyeuse troupe est donc passée par Toulouse et Labège, dans les deux Gaumont, pour présenter le film en avant-première (il ne sortira que le 24 septembre), juste après Montauban et avant Clermont-Ferrand.

Dans « Faubourg 36 », Christophe Barratier cultive son goût pour le cinéma « populaire », à l'ancienne, avec des personnages forts, des dialogues percutants, le tout enveloppé dans une histoire édifiante donnant la parole aux petits, aux sans-grade. Ce sont eux, comédiens ratés, machinos un peu usés, syndicalistes acharnés qui sont l'âme d'un music-hall en déroute, dans une France du Front populaire menacée par le fascisme.

« Je n'ai aucune nostalgie »

« Je n'avais aucun attachement particulier pour cette période, explique Christophe Barratier. Je m'y suis intéressé quand Reinhardt Wagner m'a envoyé des chansons sur un quartier de Paris des années 30. Ce n'était pas des parodies ; il y avait tout un parfum de cette époque qui a fait naître en moi des images. Ce qui est vrai, c'est que j'aime le cinéma de studio, qui permet de recréer des temps anciens. Mais je n'ai aucune nostalgie : juste après il y a eu la guerre. Je ne suis pas du genre à dire : C'était mieux avant ».

Dans « Faubourg 36 », Gérard Jugnot est un machiniste, largué par sa femme, et qui rate presque tout ce qu'il entreprend. « J'aime l'aspect humaniste du film. Mon personnage tombe, il a des tas de malheurs. Mais grâce à l'amitié, il va avoir la force de se regarder en face dans une glace. Les spectateurs réagissent bien à cela : le film est triste, plein de choses affreuses et en même temps, il y a cette éclaircie qui arrive à un moment ».

Plus « Titi parisien » que jamais, Clovis Cornillac est lui aussi un homme de l'ombre, qui projette la lumière sur les artistes entre deux coups de poing révolutionnaires. « Je trouve assez beau que des gens prennent un jour leur destin en main. Aujourd'hui, on a tendance à nous isoler, à nous dire : Rien n'est possible. Et pourtant, historiquement, c'est arrivé. Ces gens-là se sont battus pour les congés payés et nous en bénéficions toujours, il ne faut pas l'oublier ».


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