Accents de fermeté de Benoît XVI à Lourdes
Il a prôné dimanche la fermeté de l’Église, après une messe en plein air sur la prairie des Sanctuaires à Lourdes, sur des sujets comme le mariage ou la famille et défendu le retour de la messe en latin, après avoir célébré la Vierge Marie à Lourdes, devant plus de 150.000 fidèles du monde entier.Benoît XVI a rencontré les évêques français, auxquels il a tenu un discours de fermeté. Ces derniers ont toutefois estimé ne pas voir été rappelé à l’ordre par le pape. « L’Église, qui ne peut s’opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l’indissolubilité du mariage », a déclaré le pape. Dans son intervention aux accents de mise au point, qui a été assez tièdement applaudie, le pape a également évoqué une question particulièrement sensible en France, celle du retour à la messe en latin. Il a justifié sa décision de réhabiliter cette liturgie, accueillie avec réserve par une partie de l’Église de France qui l’a interprétée comme une main tendue aux traditionalistes, et a appelé les catholiques à « l’unité ». « Efforçons-nous donc toujours d’être des serviteurs de l’unité (…) Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté », a-t-il insisté.
Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a jugé que les évêques n’avaient pas été rappelés à l’ordre. « Les rapports du pape avec les évêques ne sont pas des rapports de patron à employés. Il n’est pas un PDG d’une multinationale qui vient visiter une succursale », a-t-il affirmé.
Le pape est aussi revenu sur la question de la laïcité, abordée dès le début de sa visite vendredi devant le président Nicolas Sarkozy, et toujours sensible en France plus d’un siècle après la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Il a pris soin de souligner que le Vatican « désirait respecter » l’« originalité de la situation française » et affirmé que « l’Église ne revendiquait pas la place de l’État » et « ne voulait pas se substituer à lui ». Il a néanmoins plaidé en faveur de « la mise en évidence des racines chrétiennes de la France (qui) permettra à chacun des habitants de ce pays de mieux comprendre d’où il vient et où il va ».
Dans la matinée, Benoît XVI, venue en « pèlerin parmi les pèlerins » avait rendu hommage à Marie, « étoile de l’espérance », en célébrant une messe pour le « 150e anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette Soubirous ». La Vierge « est venue rappeler ici à Lourdes (…) le mystère de l’universalité de l’amour », en apparaissant à la jeune bergère en 1858, a déclaré le pape devant plus de 150.000 pèlerins, selon les Sanctuaires.
Lundi matin, le pape célébrera une messe pour les malades sur l’esplanade de la basilique de Notre-Dame du Rosaire avant de quitter Lourdes pour Rome au terme de quatre jours de visite, la première en France de son pontificat. (D’après Le soir)
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