Pas si mauvaises les grandes écoles françaises

Publié le par Bagnères de Bigorre

Vous êtes étudiants à HEC, à l’Ena, à Sciences Po ou à Polytechnique ? Quelle chance ! vous avez de fortes probabilités de vous retrouver dirigeant éxecutif d’une des 500 plus grandes entreprises mondiales ! C’est l’Ecole des Mines qui vous le dit...

L’Ecole des Mines a dévoilé mercredi son « Classement International Professionnel des Etablissements d'Enseignement Supérieur ». Dans le peloton de tête : les Universités de Tokyo, Harvard et Stanford. Mais une fois n’est pas coutume (dans les grands classements des universités mondiales), HEC arrive en 7e position, l’Ena en 10e, Sciences PO est 11e, Polytechnique 15e et l’Ecole des Mines 20e. Dans la discipline « établissement supérieur de qualité », la France aurait donc obtenu la médaille de bronze, après les Etats-Unis et le Japon.

Rappelez-vous, en février dernier, l’université Jia Tong de Shanghai publiait, -comme elle le fait chaque année depuis 2003- son classement des 100 universités mondiales les plus performantes. La France était placée en 12e position, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Suède, le Canada, la Suisse, l’Allemagne, l’Australie, les Pays-Bas, Israël et la Chine.

Recherche vs Business

Que s’est-il passé en six mois ? Les étudiants français seraient-ils devenus soudainement de véritables génies ? Et leurs profs de nouveaux gourous dont on boirait les paroles ? Qui sait… Toujours est-il que ce décalage s’explique (aussi) par les différences de méthodes employées pour ces deux classements. Si l’université Shangaï prend en compte l’activité de recherches des établissements via le nombre d’articles publiés et le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline, les prix Nobel et les médailles Field ou les performances académiques au regard de la taille de l’institution. Pragmatique l’Ecole des Mines se contente d’un seul critère : le nombre d’anciens élèves occupant le poste de numéro 1 dans l’une des 500 plus grandes entreprises mondiales. La recherche est donc complètement occultée dans ce classement, de même que le nombre d’étudiants dans chaque établissement.

« Mon avenir à moi est déjà tout tracé : Boîtes privées, Sciences-Po, l'ENA ou H.E.C. »

 L’Ecole des Mines reconnaît les limites de son classement : les parcours des étudiants allemands, par exemple, sont bien plus variés, ce qui contribue à étaler les performances des établissements d’Outre Rhin. A l’inverse, plus que de montrer combien les grandes écoles françaises sont performantes, ce palmarès illustrerait combien les dirigeants français passent tous par les mêmes filières. Lucide, l’école d’Ingénieur a expliqué qu’il lui semblait « utile de mettre en avant les bons résultats des établissements français, à un moment où l'on parle toujours beaucoup du classement de Shanghaï». La guerre des classements est lancée...

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