Près de Lourdes, une abbaye transformée en hôtel pour éviter la ruine

Publié le par Bagnères de Bigorre

L’abbaye de St Pé devenue un collège va bientôt se transformer  en résidence hôtelière. C’est ce qu’avaient annoncé conjointement son propriétaire actuel l’Amicale des Anciens Elèves et Didier Ousset, gérant de la société Docomo le futur propriétaire.

Un bâtiment exceptionnel qui dispose d’un potentiel attractif et « ne peut être confiné à la ruine , paradoxe étrange avec Lourdes … » comme l’ont fait remarquer les principaux acteurs de ce projet. Par le passé, plusieurs solutions avaient été proposées, toutes ont avorté. Celle-ci, engagée depuis deux ans, devrait se concrétiser puisque le gérant est sur le point de déposer le permis de construire et planifie le début des travaux pour la fin de l’année 2008, nous y sommes pratiquement.

Deux structures se partageront la tâche ; une pour la rénovation d’une partie des bâtiments, l’autre pour l’exploitation hôtelière (siège à Toulouse). 90% de la société d’exploitation qui gère la Résidence Hôtels France est partenaire avec un groupe américain, 10 % avec un groupe suisse. Le gérant a déclaré que les entreprises locales seront sollicitées mais il est bien clair qu’il ira les chercher ailleurs s’il ne le trouve pas sur place.

Déjà, il a annoncé l’arrivée d’un « grand chef cuisinier » et l’embauche de 40 salariés à temps plein (de la région?). C’est aussi sur un plan fiscal une opération visant à intéresser des particuliers ou des entreprises à investir dans des résidences hôtelières car celles-ci bénéficient d’une défiscalisation sous condition d’offrir trois services de base (accueil et réception, fourniture de petits-déjeuners et du linge et ménage des logements). Il semble pour certains, et notamment pour le nouvel élu de la commune, Jean-Claude Beaucoueste, que cet aspect en l’occurrence très attractif ne soit pas un argument suffisant pour inciter beaucoup d’acheteurs, si l’on considère la situation géographique du village, entre autres.

Le maire a par ailleurs déclaré « il s’agit d’une affaire privée mais néanmoins, cette bâtisse fait partie de la vie de tous les St-Péens, la commune a été construite autour d’elle. Je souhaite que ce projet ambitieux nourrisse les habitants de retombées bénéfiques, mais je reste réservé sur l’avenir. Personne ne peut dire aujourd’hui de quoi sera fait demain ».

Allusion, probablement, à la métamorphose « prévisionnelle » du lieu annoncée par M. Ousset : 200 chambres de 25 m2 à 75 m2 pour les suites 4 étoiles aux normes internationales, salles de séminaires, restaurants, balnéothérapie avec utilisation (à l’étude) de la rivière souterraine (!!),  jardins du Moyen âge avec des plantes médicinales (cloître), une muséographie des sceaux , un orgue imaginé et fabriqué par Bertrand Albertin (Dole) installé dans la chapelle.

De nombreuses animations, une thématique culturelle très forte à laquelle sera associée l’Amicale des Anciens Elèves, un lieu de concerts accessible à tous, constituent l’essentiel de ce cadre futur. Christian Faure, le président de l’Amicale a voulu faire comprendre que le développement culturel de St Pé dépendait aussi des St-Péens. 

Cette précision faisait suite aux réticences exprimées par certains à l’annonce de ce projet. Il poursuit en croyant à « ce projet privé qui va conditionner l’avenir du village, avec des aménagements de la voirie et l’étude de mise en valeur de la place centrale et des façades ».

Sur ces deux points, et légitimement, la municipalité aura son mot à dire.. Le coût des travaux de rénovation de l’abbaye s’élève à 14 millions d’euros hors taxe auxquels il faudra ajouter environ 2 millions d’euros pour l’aménagement intérieur.



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Publié dans Patrimoine

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