Le coût de la vie et de la rentrée inquiète les étudiants

Publié le par Bagnères de Bigorre

Le coût de la vie étudiante en général et celui de la rentrée en particulier est en forte hausse cette année, selon les deux principales organisations étudiantes qui demandent notamment au gouvernement des dispositifs d'aide spécifiques pour la rentrée.

Le coût de la vie étudiante en général et celui de la rentrée en particulier est en forte hausse cette année, selon les deux principales organisations étudiantes qui demandent notamment au gouvernement des dispositifs d'aide spécifiques pour la rentrée.

"Les conditions de vie des étudiants se dégradent", a mis en garde mercredi le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost.

Selon les calculs de la première organisation étudiante, le coût de la vie étudiante augmente cette année de 5,9% par rapport à l'an dernier, aides déduites et étudiants logeant chez leurs parents pris en compte.

Cette hausse s'explique, selon l'Unef, par celles des loyers (+8% à Paris, +4% en province), de l'alimentation (+6,9%) et des droits d'inscription en master (+5%), alors que dans le même temps les dispositifs d'aide comme les bourses (+2,5%) ou l'aide au logement ont connu des augmentations inférieures à l'inflation (+3,6%). Parmi les dépenses, seule la hausse des droits d'inscriptions en licence (+2,5%) a été inférieure à l'inflation.

L'Unef met l'accent sur le logement: "l'aide au logement, de 159 euros en moyenne, n'a quasiment pas augmenté depuis 1994 alors que les loyers ont doublé", a affirmé Michaël Zemmour, responsable de l'aide sociale.

La Fage, deuxième organisation étudiante, a calculé le seul coût de la rentrée (coût mensuel de la vie auquel s'ajoutent les frais d'inscription et les frais d'installation), en hausse de 3,5% par rapport à 2007.

"La rentrée devient un peu plus tous les ans, à elle seule, un élément de sélection à l'entrée dans l'enseignement supérieur", juge-t-elle.

Pour un étudiant non boursier en licence, ce coût selon la Fage est de 2.935,17 euros à Paris et 2.425,33 euros en province.

Troisième organisation étudiante, l'Uni a contesté ces deux chiffres en estimant qu'ils étaient surévalués, notamment parce que la Fage ne prend pas en compte dans le calcul moyen des loyers les étudiants logés chez leurs parents.

Pour autant, l'Uni n'a pas présenté ses propres chiffres de coût de la rentrée, ni d'évolution par rapport à 2007.

Dans son diagnostic sur les difficultés de la rentrée, la Fage est rejointe par l'Unef.

La situation est "particulièrement sensible" car les étudiants doivent débourser beaucoup alors qu'ils n'ont encore "aucune aide d'Etat", a résumé M. Prévost : les premières bourses ne sont versées qu'en octobre et, en cas d'installation, l'aide au logement arrive avec un mois de délai.

Or l'Unef souligne que la rentrée des étudiants intervient de plus en plus tôt: selon ses calculs, les trois quarts l'auront faite mi-septembre.

Dans ce domaine "le ministère (de l'Enseignement supérieur), resté dans un schéma ancien de rentrée en octobre", n'est pas en phase avec "la réalité de la vie" des étudiants, selon M. Zemmour.

D'une façon générale, "il y a un décalage croissant" entre "la réalité de la vie des étudiants" et "la perception" qu'en a la ministre de l'Enseignement supérieur dont "la politique sociale n'est pas à la hauteur", a déclaré M. Prévost.

L'Unef demande à Mme Pécresse de "répondre" à ces difficultés en instaurant un "dixième mois de bourse" (les bourses sont versées actuellement d'octobre à juin) et en supprimant "le mois de carence dans l'aide au logement". La Fage demande de son côté une "allocation de rentrée étudiante" de 390 euros.

Quant à l'Uni, pour mettre tout le monde d'accord sur les chiffres, elle réclame un indicateur officiel du coût de la rentrée.


Par Emmanuel DEFOULOY
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