La reine du polar aime beaucoup Bayrou

Publié le par Bagnères de Bigorre

C’ETAIT la surprise du chef ! Grand lecteur de polars, qu’il dévore par milliers avec une prédilection pour les auteurs américains et les « histoires qui se terminent bien », François Bayrou a invité à l’université d’été du MoDem, à Cap-Estérel (Var), la reine française du genre, Fred Vargas.
« Je suis certain que le roman policier dit et explique beaucoup de choses sur la société », plaide le patron du MoDem.
Fier d’avoir réussi, outre un pari d’originalité en faisant venir l’auteur de « Pars vite et reviens tard » (resté en tête des ventes de livres pendant toute l’année 2001), un exploit : car Vargas fuit les mondanités, fréquente très peu le monde politique, dont elle considère peu les ténors, et se classe elle-même à l’extrême gauche de l’échiquier.
« Le seul à m’aider dans mes combats »
Elle est connue pour son soutien à l’Italien Cesare Battisti, ancien des Brigades rouges auquel elle a consacré un livre-plaidoyer. Elle dit écrire des polars « pour s’amuser », n’y mêler jamais de politique « car c’est une pierre au cou de la littérature, comme disait Stendhal » et avoue : « La gauche et le MoDem, on arrive droit dessus car la gauche n’est plus la gauche et le PS plus le PS ; on va vers de nouveaux clivages.
» Longue veste noire, silhouette menue, Vargas est venue car, dit-elle, « j’aime beaucoup Bayrou.
Il a été le seul à m’aider dans mes combats. Il a du courage ». Durant la présidentielle, elle avait adressé un questionnaire aux candidats sur l’affaire Battisti. Seul Bayrou lui a répondu.
Le chef centriste dit la connaître « depuis très longtemps, au début comme historienne et archéologue au CNRS puis comme auteur de polars ». Que le commissaire Adamsberg, héros récurrent de Vargas, ait comme lui des attaches dans les vallées du Béarn ajoute un attrait supplémentaire pour Bayrou.
Lui-même s’est attelé ­ dans un genre très différent ­ à la rédaction d’un nouveau livre sur le paysage politique français. Il n’y aura aucun cadavre haché menu mais une réflexion autour d’un projet politique d’alternance. L’ouvrage paraîtra pour les élections européennes. Autre invité « détonnant » hier matin, l’ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine. Venu « sans arrière-pensée politique », lui qui était à La Rochelle il y a huit jours a pris soin de préciser qu’il n’a pas changé de famille politique.




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