Toulon souffre pour ses premiers pas dans le Top 14

Publié le par Bagnères de Bigorre

Cette saison, pour le retour de son club dans le Top 14, l'élite du rugby français, Mourad Boudjellal, le président du RC Toulon (RCT), voulait "prendre du recul" et laisser une plus grande latitude d'action à ses entraîneurs. Pourtant, mercredi 10 septembre, il était au bord du terrain, mâchoires serrées, lors de l'entraînement de son équipe en prévision du match contre le Stade français, vendredi, au stade Mayol.

Car le début de saison du club varois est très inégal, avec notamment une défaite contre la modeste équipe de Mont-de-Marsan, le 6 septembre, qui a marqué les esprits par la faiblesse du jeu offert par les Toulonnais. "Dans les difficultés, même passagères, il faut un patron pour resserrer les vis", explique le bouillant président pour justifier son retour en première ligne.

Pas facile de construire un groupe au milieu du tourbillon de passion dans lequel baigne le rugby toulonnais ni d'installer un style de jeu alors que l'équipe compte cette saison 19 nouvelles recrues, dont le troisième ligne All Black Jerry Collins. Les commentaires lâchés mercredi après l'entraînement par Tana Umaga, l'ancien All Black devenu manager du club, disent bien cette difficulté. "Notre groupe de joueurs est nouveau et ils doivent apprendre à jouer ensemble, explique-t-il. A cause du fort turnover avant la saison et de la courte période de préparation, nous avons dû concentrer notre travail sur des éléments spécifiques, notamment en défense ; maintenant, il nous faut porter nos efforts notamment en attaque."

Contre Mont-de-Marsan, les Toulonnais ont multiplié les fautes de main et ont manqué d'idées dans le jeu. Outre la jeunesse du groupe, les responsables du club soulignent le nombre important de blessés.

REGARD ACÉRÉ

"Cela dit, au-delà des blessures, c'est aussi une question d'investissement des joueurs. C'est ce qui a fait défaut contre Mont-de-Marsan, où la manière a été catastrophique", lâche Mourad Boudjellal. Des déclarations qui placent les rugbymen, mais aussi le manager néo-zélandais, sous le regard acéré de leur président et sous la pression du public toulonnais.

Au-delà des incidents de parcours du début de saison, Mourad Boudjellal pointe une faiblesse plus structurelle du club : "Le RCT se prend aujourd'hui le professionnalisme en pleine figure. Le club était en avance sur tout le monde en 1992, l'année où il est champion, et aujourd'hui il est en retard."

Même si le RCT affiche un budget de 14 millions d'euros, parmi les cinq plus importants du Top 14, il ne possède pas les infrastructures des gros clubs. Malgré des prix de billets en hausse, au grand dam des supporteurs, le stade Mayol ne peut satisfaire toutes les demandes de places, en plus des 9 600 abonnés. Il devrait être agrandi pour contenir près de 25 000 places en 2011, contre 14 000 actuellement. En attendant, le RCT a prévu de jouer cette saison certains de ses matches au Stade-Vélodrome, à Marseille.

Par ailleurs, le centre d'entraînement, aujourd'hui "à peine digne d'un club de fédérale", selon Mourad Boudjellal, a besoin d'un lifting. Et, malgré la coûteuse politique de recrutement de vedettes étrangères et de joueurs français confirmés qu'il a mise en place, le président du RCT dit souhaiter que naisse autour de son club une dynamique régionale, avec la montée en force des clubs partenaires, en Pro D2 ou en fédérale, pour permettre l'émergence de talents locaux qui viendraient renforcer le RCT.

En attendant, aujourd'hui plus prudent dans son discours qu'à son arrivée à la tête du club, Mourad Boudjellal l'assure, "cette saison, notre objectif est le maintien". Avant d'ajouter, tout de même : "Si on y arrive, alors tout est possible !" Difficile de rester longtemps calme lorsque l'on est président de Toulon... Bertrand d'Armagnac

 

 


Publicité

Publié dans Loisirs & Sorties

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article